Les femmes doivent savoir qu’elles peuvent savoir ! (Eugénie)

Connaître suffisamment son corps pour vivre sans contraception, est-ce vraiment possible ? On veut du concret, du perso, des confidences et de la vérité. La suite des témoignages c’est aujourd’hui – merci Eugénie !!

sympto-naturel

Cycle Naturel : Eugénie, tu te présentes à nous en quelques mots, et tu nous expliques comment ton parcours t’a menée à prendre la parole aujourd’hui sur Cycle Naturel ?

Bonjour 🙂 merci de me laisser l’opportunité de m’exprimer sur ce super portail dédié au cycle naturel ! J’ai commencé à prendre la pilule, j’ai envie de dire « comme tout le monde » vers l’âge de 16 ans, quand j’ai commencé à avoir des petits copains… Je n’ai pas souvenir de problèmes particuliers liés à cela. De toute façon je suis de la « génération Sida » donc c’était capote tout le temps. Mais la pilule était une sécurité supplémentaire, pour moi et surtout pour mes parents ! Je suis ensuite venue étudier à Paris, et j’ai découvert d’autres horizons, d’autres cultures qui m’ont conduite à avoir une conception plus naturelle de la vie. Je suis devenue végétarienne en 2001, et dans la foulée j’ai stoppé ma pilule, sans protocole. Un de mes petits amis de l’époque m’avait ramené d’une journée d’information des petits calendriers vierges, sponsorisés par une marque très connue de serviettes hygiéniques. Avec comme base mes vieux souvenirs de biologie du collège, c’est comme ça que j’ai commencé à suivre mes cycles ! De façon très sommaire, je notais mes règles (1, 2 ou 3 croix selon le flux) et les moments où je sentais mon corps travailler (avec des petits ronds pour Ovulation). J’étais assez contente de pouvoir constater la régularité de mes cycles et cela me suffisait puisque je me protégeais tout le temps. J’expérimentais à ma façon la connaissance de mon cycle, avec un mélange d’observations et de méthode Ogino (qui n’a, en fait, rien d’une méthode !).

Plus tard j’ai rencontré mon mari, et nous avons pu concevoir le moment voulu. J’ai continué avec mes petits calendriers, sauf que les périodes où je me considérais comme infertile ne l’étaient qu’approximativement. Et j’ai eu une grossesse indésirée après mon 2ème enfant… Quelques années plus tard, nous nous sommes décidés pour un petit 3ème, mais 10 jours après j’apprenais que j’étais enceinte ! Quelle surprise ! Encore une fois, je n’avais pas su gérer ma fertilité… mais cette fois heureusement nous voulions cet enfant. Après mon retour de couches, la question de la contraception s’est posée. Après 3 césariennes (avec une pré-rupture utérine pour le dernier), impossible pour moi de prendre le risque d’une nouvelle grossesse. Alors quel choix…? La pilule ? Impensable ! Le DIU cuivre ? Pourquoi pas, mais ma petite voix intérieure et mes lectures à ce sujet m’ont alertée, et comme ma sage-femme n’en posait pas, l’excuse était toute trouvée.

A force de recherches sur Internet, j’ai découvert la grande famille des méthodes naturelles. Je me suis d’abord renseignée sur la méthode Billings, puis j’ai vite opté pour la symptothermie, qui m’a paru plus fiable et moins contraignante. J’ai commencé la symptothermie alors que j’allaitais, et j’ai réellement pu voir mon cycle, ce qu’il s’y passait : j’ai trouvé ça génial ! J’ai aujourd’hui 33 ans, 3 magnifiques enfants, et je ne changerais de contraception pour rien au monde !

Cycle Naturel : Waow pourquoi ? Tu nous définis la symptothermie en 3 mots ?

Pour moi, la symptothermie est tout d’abord une véritable méthode scientifique. Elle est le fruit de nombreuses recherches, dans le monde entier, et les règles sont très précises. C’est pour moi le côté rassurant, il n’y a pas de place pour l’échec si on s’observe bien. La Nature a ses lois, la symptothermie nous les enseigne et nous apprend à composer avec, selon notre objectif (contraception ou conception). Ensuite j’apprécie énormément ce qu’elle nous révèle à nous-même : la connaissance profonde de notre cycle, de ses différentes phases, de nos humeurs et de notre féminité. Quelle fierté de pouvoir comprendre son corps aussi subtilement ! Enfin, ce que je salue, c’est son universalité. La méthode s’adapte à notre cycle, et non l’inverse, quelque soit sa durée et les moments de la vie que nous traversons : début de la vie cyclique, pour concevoir un enfant, en simple observatrice, pendant l’allaitement, en contraception stricte, à la pré-ménopause… J’ajouterais bien que j’aime aussi son côté naturel : du fait que c’est une méthode d’auto-observation, on n’interfère aucunement avec le déroulement normal de nos cycles. Mais comme je n’ai droit qu’à trois mots…

Cycle Naturel : Eh tu n’as pas cité « tue-l’amour » ! Mais c’est pas un peu gore d’observer sa… glaire cervicale ?? Et c’est pas un peu relou de prendre sa température TOUS les matins ?

Ah non, ce n’est pas ‘tue-l’amour’, bien au contraire ! Une femme qui se connaît, s’accepte et se respecte, est bien plus forte. Cela influe beaucoup sur l’assurance, la confiance en soi, et donc le charme aussi… Les observations n’ont rien de sale, et la prise de température, franchement, ça prend 2 secondes (et ce n’est pas tous les jours, seulement en période fertile). Il faut seulement trouver les habitudes qui nous correspondent. Après ça devient une petite routine qui n’a rien de contraignant. Je suis toujours impatiente d’avoir des nouvelles de mon petit monde intérieur, c’est un peu comme le journal télé, mais en positif ! : « Tout va bien dans le monde ? Oui ? Il fait quel temps aujourd’hui ? » Et je m’émerveille à chaque fois de savoir que mon corps vit sa petite vie de corps, à son rythme.

Cycle Naturel : Tu es mariée, est-ce que ton mari est entré tout de suite dans l’aventure ? Est-ce un choix de couple ? Comment le vit-il ?

Mon mari est quelqu’un de très compréhensif, il m’épaule beaucoup et je le remercie pour son amour. Il m’a rencontrée alors que j’étais déjà ‘au naturel’, c’est une évidence pour lui aussi. Les épreuves que nous avons traversées l’ont touché, et ça n’a pas été facile d’admettre nos erreurs. Aussi, quand j’ai découvert la symptothermie, il était un peu sceptique. Notamment parce que j’ai trouvé cette méthode sur Internet, ce qui peut se comprendre ! Mais une fois que j’ai bien compris le principe et que je lui ai assuré que c’était ce qu’il me fallait, ses réticences se sont très vite envolées. Et il ne stresse plus à compter les jours avec moi, comme auparavant.

Cycle Naturel : Et tu es tellement séduite que tu t’apprêtes à suivre une formation pour devenir conseillère au sein de la fondation SymptoTherm ! Tu nous en dis un peu plus ?

Oui ! J’ai vraiment eu le coup de foudre pour cette méthode ! Je sors d’un congé parental, et j’arrive à un tournant de ma vie. J’ai envie de faire une activité qui me corresponde vraiment et qui soit utile aux autres. La symptothermie s’est imposée d’elle-même. Je pourrai aider les femmes à comprendre leurs observations, à interpréter leurs cycles et à gérer leur fertilité selon leur souhait. J’ai fait un premier module en septembre, et je suivrai la suite du cursus en 2017, suivi d’un stage pratique d’environ 6 mois. Je suis très contente de me former auprès de la fondation suisse SymptoTherm car j’adhère totalement à leur philosophie, non-confessionnelle et non lucrative. Ils mettent à disposition gratuitement un manuel d’apprentissage très complet et une application mobile ; d’autres outils payants sont disponibles comme de l’accompagnement individuel par exemple. C’est là où j’interviendrai. Pour le moment j’apporte bénévolement ma contribution en étant modératrice sur le groupe d’entraide Facebook, et je participe du mieux que je peux à la diffusion de cette méthode, sur le net, auprès de mes amies…

Cycle Naturel : On entend que la symptothermie n’est pas un moyen de contraception comme un autre mais qu’il constitue une porte d’entrée vers tout un nouveau mode de vie. Tu confirmes ?

Tout à fait, la symptothermie m’a permis de m’intéresser à un aspect que j’avais totalement ignoré jusque là : le féminin sacré ! Je me sens beaucoup plus connectée à moi-même, je me respecte en tant que femme et je me sens honorée de porter en moi cette matrice, que je vois comme une porte entre le spirituel et le matériel. Même les femmes qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas concevoir ont cette puissance en elles, c’est la force créatrice qui nous a été donnée et nous devons l’honorer. Nous sommes de nature cyclique, il faut accepter cela, accepter que tout recommence, encore et encore, à chaque cycle, tirer les leçons du cycle précédent et évoluer. Le fait de mieux comprendre mes cycles m’aide à me comprendre moi-même, à m’accepter comme je suis. Je pense que mon compagnon ressent aussi ce changement, il y a moins d’incompréhension, plus de dialogue. Bref, que du positif ! 🙂

Cycle Naturel : Qu’aimerais-tu dire aux personnes qui en 2016 ne savent pas encore qu’il est possible de se passer de contraceptif ?

Je voudrais déjà dire à toutes les femmes qui utilisent des contraceptifs hormonaux : « Avez-vous conscience de la camisole chimique dans laquelle vous êtes ? Connaissez-vous réellement le fonctionnement des hormones de synthèse ? Quels impacts elles ont sur votre organisme ? » Si oui et qu’elles l’acceptent, je respecte leur choix. Le problème c’est que bien souvent elles n’ont pas toutes les cartes en main pour choisir : c’est un choix par défaut, on ne leur propose que ça ! Et à toutes les femmes en général, je leur dis aussi : « Renseignez-vous sur les alternatives, et trouvez quelque chose qui corresponde à vos attentes. La meilleur contraception, c’est celle que l’on choisit. »

Les femmes sont intelligentes, elles peuvent très bien observer leur corps, il n’y a rien de compliqué. Je pense que ce savoir fait peur, à nos gynéco, à nos dirigeants même, car il ne nous fait rien consommer. C’est une forme de libération par rapport au système actuel. De plus la symptothermie est aussi fiable que la pilule alors, à risque égal, pourquoi continuer à s’empoisonner !?

Cycle Naturel : Ben oui « pourquoi ? » Cela me semble être un parfait mot de la fin :-). Un immense merci Eugénie de t’être confiée, c’est précieux. Il est temps maintenant de souhaiter à celles (et ceux) qui nous lisent un beau cheminement. Ben oui « … et pourquoi pas ? »

PS : pour plus d’infos sur la symptothermie et la fondation SymptoTherm, rendez-vous sur leur site symptothermie.com, leur blog blog.sympto.org, ou leur groupe Facebook.

Une réflexion sur “Les femmes doivent savoir qu’elles peuvent savoir ! (Eugénie)

  1. capucinevercellotti dit :

    merci pour cette article. 4 ans de symptothermie pour moi et c’est une grand liberté de connaitre cette méthode pour moi. Connaitre son corps et comment il fonctionne devrait être appris à l’école. J’aurais aimé connaître la sympto à 20ans. Aujourd’hui les jeunes filles sont mis sous pilule de plus en plus tôt. Comment leur cycle vont réagir le jours ou elles veulent des enfants?Merci en tout cas de faire connaitre de plus en plus la symptothermie.

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