Un doigt gonflé et rigide peut survenir après un choc anodin comme après un effort répétitif, mais il peut aussi révéler une pathologie articulaire ou une infection. La douleur, la chaleur locale et la raideur rendent les gestes du quotidien pénibles. Comprendre l’origine du problème aide à choisir le bon geste de soulagement et à éviter les complications. Voici l’essentiel pour identifier la cause, agir vite et retrouver de la mobilité.
💡 À retenir
- Le plus souvent, un doigt gonflé difficile à plier vient d’une inflammation liée à un traumatisme, une arthrite ou une infection, qui épaissit les tissus et limite la flexion.
- Définition des symptômes associés au gonflement
- Différences entre inflammation et infection
- Rôle de la prévention et des exercices
Causes courantes du gonflement des doigts
Un doigt gonflé s’accompagne fréquemment de douleur à la pression, raideur, chaleur locale, rougeur, perte de force, et parfois d’un fourmillement. La flexion devient difficile lorsque les tissus autour des tendons et des articulations prennent du volume, réduisant l’espace de glissement et augmentant la sensibilité. Ces signes peuvent apparaître brutalement après un choc ou s’installer progressivement.
Inflammation et infection ne sont pas la même chose. L’inflammation est une réaction du corps à une irritation ou une blessure, avec gonflement et douleur, mais sans germe en cause. L’infection implique des microbes et se manifeste plus volontiers par rougeur vive, chaleur marquée, douleur pulsatile, écoulement de pus, odeur, parfois fièvre et malaise. Une infection peut démarrer après une plaie minime ou une écharde et aggrave vite un doigt gonflé si elle n’est pas traitée.
Inflammation et arthrite
Les sursollicitations ou mouvements répétitifs irritent les gaines des tendons fléchisseurs et provoquent une ténosynovite. Le doigt est gonflé, raide au réveil, puis se « déverrouille » en cours de journée. Le doigt à ressaut illustre ce mécanisme, avec une gêne à la flexion et parfois un claquement.
Les arthrites et arthroses des petites articulations des doigts entraînent un gonflement par inflammation de la membrane synoviale. L’arthrose donne des poussées de douleur mécanique après usage, tandis que les rhumatismes inflammatoires réveillent les douleurs la nuit et au petit matin. La goutte, due aux cristaux d’urate, peut faire enfler brutalement une articulation digitale, chaude et ultra douloureuse, parfois après un repas copieux ou une déshydratation.
Traumatismes
Un faux mouvement en sport, une porte qui claque sur la phalange ou un ballon mal réceptionné provoquent contusion, entorse ou fracture. Le gonflement apparaît vite, la flexion est limitée par la douleur, et des ecchymoses se colorent en bleu violacé. Une luxation ou une fracture déplacée déforme souvent le doigt et nécessite une prise en charge rapide.
D’autres facteurs existent. Les morsures ou piqûres peuvent inoculer des germes et créer un panaris ou une infection des gaines tendineuses. Un anneau trop serré agit comme un garrot et aggrave un doigt gonflé. Certaines maladies systémiques, la rétention d’eau, une réaction allergique ou un œdème après chaleur peuvent contribuer au volume.
Solutions et traitements

Le premier réflexe est d’évaluer la gravité. Retirez une bague dès que possible, surtout si le doigt gonflé augmente de volume. Si le problème suit un choc sans déformation, misez sur le repos, le froid, une compression légère et l’élévation de la main pour limiter l’œdème dans les 48 à 72 heures.
Le protocole RICE aide à contrôler la douleur et l’inflammation. Repos de l’articulation, application de glace enveloppée 10 à 15 minutes, bandage souple non serré, main surélevée au-dessus du cœur. Les antalgiques simples peuvent soulager. Les anti-inflammatoires sont utiles sur courte durée si vous n’avez pas de contre-indication connue et si une infection n’est pas suspectée.
Remèdes maison
Appliquez du froid les premiers jours, puis passez à la chaleur douce quand la douleur aiguë décroît. Les bains tièdes savonneux de 5 à 10 minutes détendent les tissus et facilitent les mouvements. Un auto-massage très léger de la base vers l’extrémité aide à drainer l’œdème, sans appuyer sur une zone très douloureuse.
Gardez le doigt au repos relatif en évitant les prises de force, mais ne l’immobilisez pas totalement trop longtemps. Dormez la main sur un coussin pour limiter la stase. Hydratez-vous bien, réduisez le sel si vous êtes sujet aux œdèmes, et contrôlez les déclencheurs alimentaires en cas de goutte. En présence d’une petite plaie, nettoyez soigneusement et surveillez les signes d’infection.
Exercices de réhabilitation
Quand la douleur aiguë diminue, réintroduisez des mouvements doux plusieurs fois par jour. L’objectif est de retrouver la glisse tendineuse sans réveiller l’inflammation. Avancez progressivement et arrêtez si la douleur augmente franchement ou si le doigt gonflé regagne du volume après l’exercice.
- Glissements tendineux: main à plat, alternez poing complet, poing droit, poing crochet. Tenez 3 secondes, répétez 10 fois.
- Extension douce: aidez chaque phalange à se redresser avec l’autre main, sans forcer. 10 répétitions.
- Écartement des doigts: utilisez un petit élastique autour des doigts, ouvrez et relâchez. 2 séries de 10.
- Pincement progressif: pressez une éponge molle puis légèrement plus ferme. 2 séries de 10, sans douleur vive.
La chaleur douce avant les exercices assouplit les tissus, le froid bref après limite la réaction inflammatoire. En cas de ténosynovite ou d’arthrite, un ergothérapeute peut proposer une attelle de repos temporaire et un plan de reprise des gestes du quotidien. La prévention passe par des pauses régulières lors des tâches manuelles, une prise d’outils plus ergonomique, et un échauffement simple avant le sport.
Quand consulter un médecin
Certaines situations doivent alerter. Une consultation rapide s’impose si le doigt est déformé, si vous ne pouvez plus le fléchir du tout, si la douleur est très intense malgré les mesures de base, ou si une plaie est présente. Un doigt gonflé avec rougeur très vive, chaleur, écoulement, et signes généraux doit être évalué pour écarter une infection.
- Après un traumatisme avec craquement audible, déformation ou impossibilité de bouger.
- Si la peau devient pâle ou bleutée, froide, ou si un engourdissement apparaît.
- En cas de fièvre, frissons, ou douleur pulsatile avec écoulement suspect.
- Si le gonflement persiste au-delà de 7 à 10 jours ou s’aggrave.
- En cas d’épisodes répétés avec raideurs matinales, antécédents de rhumatisme, ou suspicion de goutte.
Un professionnel pourra prescrire une radiographie en cas de suspicion de fracture, drainer un panaris, proposer une infiltration pour une ténosynovite, adapter un traitement de fond pour une arthrite, ou adresser à la rééducation. Mieux vaut retirer une bague avant le trajet, car l’œdème peut progresser pendant l’attente et compromettre la circulation. La bonne stratégie consiste à soulager vite, bouger juste ce qu’il faut, et traiter la cause pour éviter que le doigt gonflé ne devienne un problème chronique