De la pilule aux méthodes naturelles : Carole témoigne

Quand j’étais adolescente, je manquais de confiance en moi, et je voulais à tout prix « rentrer dans le moule », faire comme tout le monde. Et autour de moi assez vite, mes amies sont sorties avec des garçons. J’avais très envie d’être à mon tour aimée par un garçon pour me rassurer sur ma valeur. A 18 ans, je suis tombée dans les bras du premier garçon qui s’est intéressé à moi. J’étais soulagée « enfin ! je plais à un garçon ! ». Notre histoire a duré trois ans. Il me semblait qu’il fallait être vraiment amoureux pour « coucher ». Donc quand ce garçon m’a dit, au bout de trois semaines, qu’il m’aimait, je me suis empressée de lui répondre que moi aussi et hop on est passé à l’acte. J’ai toqué à la porte du planning familial pour obtenir la pilule. Je l’ai prise pendant cinq ans.

Ma première histoire sérieuse a donc duré trois ans. Le bilan de ces trois années est assez consternant. Avec la pilule, on est dans une situation « open bed ». On est libre d’avoir des relations sexuelles sans conséquence, c’est-à-dire sans bébé. Pour nous, la routine s’est vite installée : nous avions un rapport sexuel tous les soirs, quelles que soient les circonstances. Pourtant, je n’en avais pas envie systématiquement, surtout quand on s’était disputé, ce qui arrivait souvent… mais je n’osais pas le dire. La sexualité était la seule chose qui nous unissait. Si nous n’avions pas partagé notre sexualité, nous nous serions rendus compte plus tôt que nous n’avions rien en commun, et nous ne serions pas restés trois ans ensemble. Au bout de ces trois années, quand j’ai réalisé que je n’avais rien à faire avec ce garçon, je lui ai annoncé que je le quittais. Il a répondu « mais quand même, sexuellement ça se passe si bien ! » je me sentais très mal, car si lui était satisfait, c’était loin d’être mon cas. Or, s’il ne s’en était pas rendu compte, c’est bien que nous n’avions jamais discuté en vérité sur le sujet, et qu’en plus j’avais pris l’habitude de lui faire croire que tout allait bien sur moi. Je me suis contentée de relations sexuelles médiocres, « au rabais ». J’ai pris l’habitude de simuler. Pourquoi ne pas parler de sexualité ? Et pourquoi avoir des relations sexuelles si celles-ci ne procurent pas de plaisir ? La réponse est évidente : je souhaitais par-dessus tout être aimée. Je voulais que ce garçon m’aime, et surtout, qu’il ne me quitte pas. Plus tard avec celui qui est mon mari aujourd’hui, nous avons choisi d’être abstinents jusqu’au mariage. Se priver de relation sexuelle m’a fait comprendre que j’ai du prix aux yeux de mon mari et qu’il m’aime pour moi-même.

Après ces trois ans, j’ai eu de nombreux petits amis pendant deux ans. J’étais complètement empêtrée dans ces relations. J’étais très malheureuse. Je « couchais » facilement, pensant toujours que c’était la meilleure façon de retenir le garçon. Malheureusement cela ne marchait pas du tout. J’y laissais mon cœur mais ne recevais pas d’amour en retour. J’ai finalement pris la décision de partir loin, pour fuir cette situation dont je n’arrivais pas à me dépêtrer.

Je suis partie aux Philippines en mission humanitaire pour six mois. Je me retrouvais dans une association qui s’occupe de jeunes filles blessées dans leur sexualité (viol, prostitution…). J’étais sensée leur donner un exemple de jeune femme épanouie, bien dans son corps. Même si j’arrivais à donner le change, une question me taraudait. Ces jeunes filles étaient blessées dans leur sexualité, et elles étaient des victimes. Je me sentais aussi blessée dans ma sexualité, mais par ma faute, de ma seule responsabilité. Qu’avais-je fait ? Et que faire pour changer de comportement ?

Au retour des Philippines, pour me reprendre en main et me responsabiliser, je décide d’arrêter la pilule et de me réserver vraiment pour mon futur mari. Arrêter la pilule était pour moi le meilleur moyen de ne plus céder à la tentation de m’engager physiquement dans une relation qui ne mènerait à rien. Mes cycles revinrent rapidement. C’est là que j’ai fait une expérience qui m’a bouleversée et qui a été décisive pour le reste de ma vie. J’ai été émerveillée devant le corps de la femme (mon corps !) fait pour donner la vie. Pour m’épanouir, réaliser mon être, ma féminité, je dois respecter mon corps et ses cycles naturels.

Un an après mon retour, j’ai rencontré mon mari. J’étais à fond pour les méthodes naturelles, c’est lui qui a « imposé » l’abstinence jusqu’au mariage. En fait je ne pensais pas que ce serait possible pour un garçon. Il m’a prouvé qu’il est capable de se maîtriser. Le fait d’être abstinents m’a vraiment aidée à reprendre confiance en moi, à restaurer l’image que j’avais de mon corps, à faire confiance à mon mari, et à grandir en maturité. Nous avons mis à profit cette période pour nous former sur les méthodes naturelles sans pression.

Nous sommes mariés depuis dix ans. Nous avons quatre enfants, et nous n’avons jamais remis en cause notre choix des méthodes naturelles. Nous sommes respectueux de nos corps, de l’environnement, nous avons appris à communiquer sur tous les sujets, à nous attendre, à être attentif à l’autre. Bien sûr ce n’est pas toujours facile et c’est contraignant. Mais cela nous épanouit, alors nous tenons bon. Nous sommes tellement convaincus que depuis sept ans nous formons à notre tour des couples ou des femmes qui veulent suivre ces méthodes.

Essayez, et vous verrez !

methodes naturelles

Méthodes naturelles, cycle menstruel, contraception

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