Les méthodes naturelles sont-elles un moyen de contraception ?

Après trois mois de grandes vacances, il était temps : allez, c’est la rentrée aussi pour Cycle Naturel ! C’est l’automne, les feuilles tombent, un nouveau cycle commence. Après plus de deux ans dans les Caraïbes la famille est de retour en France ; après un été ressourçant, les enfants sont de retour à l’école, je suis de retour devant mon clavier… et dans mes pantalons de grossesse 😉 ! Vive la vie !!

L’occasion est toute trouvée de partager avec vous quelques réflexions au sujet de la richesse des méthodes d’auto-observation du cycle. Car s’il y a bien un contexte où j’ai réalisé à quel point elles ne sont pas une bête méthode de contraception, c’est lorsque j’ai souhaité favoriser une grossesse et que la connaissance acquise pour contrôler ma fertilité (et ne pas être enceinte) a précisément été celle qui nous a servi pour accueillir une nouvelle vie.

On lit sur 90% des sites que les méthodes naturelles ne marchent pas et qu’il faut à tout prix les éviter si on n’est pas « ouvert » à une grossesse… et sur les 10% restant (dont ce site) que les méthodes d’observation de la fertilité sont ultra-efficaces pour ne pas tomber enceinte – études scientifiques à l’appui – et qu’elles sont la meilleure découverte des chercheurs en 60 ans de « contraception ». Mais est-ce exact de les classer dans la liste des moyens de contraception ? Peut-on vraiment comparer les méthodes d’observation de la fertilité aux « autres » méthodes contraceptives ?

Oui…

On peut bien sûr les décrire comme telles (on trouve les expressions à la mode « contraception naturelle », « contraception bio », ou « contraception écologique ») ; relever sans mentir que contrairement aux contraceptifs hormonaux elles n’ont pas d’effet secondaire (quand les scandales autour de la pilule se multiplient, c’est vendeur) ; justifier leur efficacité (réelle) si l’on veut éviter une grossesse surprise ; expliquer à l’encontre des préjugés qu’elles ne sont ni frustrantes ni ringardes ; prétendre qu’elles renforcent l’intimité de couple… Effectivement il est possible (je l’ai fait) de lister leurs avantages devant les « autres » méthodes de contraception. Et oui il est donc rassurant de doter ces méthodes d’un indice de Pearl afin de pouvoir les classer, convaincre son conjoint ou argumenter face à son gynéco. Cela simplifie le discours d’utiliser ce mot bien pratique de contraception, et honnêtement je me réjouis que l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) ou la Haute Autorité de Santé leur reconnaissent une juste place parmi les méthodes contraceptives.

… mais non

Pourquoi non ? Car les mots que l’on utilise sont importants ! Pour assurer le maximum d’objectivité à mon propos je suis revenue à la définition du Petit Robert, que je vous partage :

Définition contraception

Limpide ! Alors puisque les méthodes d’auto-observation de la fertilité ne sont ni un produit, ni un objet, ni ne provoquent d’infécondité temporaire, je vous propose un petit nuancier de vocabulaire :

Ces méthodes ne sont pas un moyen d’ « empêcher » un rapport sexuel de déboucher sur une grossesse… … mais un moyen de « savoir » s’il est susceptible de le faire.
Elles ne nous « protègent » pas de notre fertilité… … mais nous permettent de la « connaître ».
Elles ne sont ni « bouclier » ni un « sabre »… … mais une « longue vue » (demandez au passionné de pirates que j’ai à la maison, il vous dira que la différence est de taille).
Elles ne donnent pas un « résultat »… … mais une « information » (ce que vous faîtes de cette information ne dépend que de vous).
Elles ne sont pas un « objectif »… … mais un « point de départ » (et c’est vous qui tracez le chemin).
Elles ne « résolvent » pas l’équation… … mais elles l’ « énoncent » !

Bon je pourrais continuer longtemps ainsi, mais vous voyez bien l’idée. Oui ces méthodes sont une alternative naturelle et écologique à la contraception ; oui elles sont TRÈS efficaces pour déterminer avec précision les jours infertiles (si vous vous formez et que vous êtes consciencieuse dans vos observations) et éviter une grossesse surprise ; oui elles sont bonnes pour le couple (si vous êtes en phase sur le sujet)… mais elles ne prendront aucune de ces décisions pour vous, et vous laisseront toujours seul maître à bord. Elles ne sont pas un mécanisme extérieur qui vous enferme, mais une connaissance intime qui vous libère.

Le raccourci général consiste à réduire ces méthodes à une « option parmi d’autres »… alors qu’elles devraient être un préalable incontournable à chacune de ces options. Connaître le cycle féminin, c’est du bon sens ! Il s’agit de s’approprier et comprendre son corps, sa santé, sa capacité à se reproduire. Toutes les femmes réglées doivent connaître ces méthodes (au moins leur existence) et en particulier le mécanisme d’ovulation dont les règles, qu’on peut difficilement ignorer, sont la conséquence visible. Elles doivent avoir accès à cette connaissance physiologique du cycle de fertilité qui, soit dit en passant, est précisément la même que celle qui permet aux scientifiques de concevoir, développer et vendre les moyens de contraception. Il n’y a qu’une seule science derrière tout cela !

En fait, la réponse est en vous

Finalement la question n’est pas tant de savoir si les méthodes d’observation du cycle marchent – ou pas – puisque c’est VOUS qui faîtes en sorte qu’elles marchent. La question n’est pas tant de savoir si la contraception naturelle est efficace – ou pas – puisque c’est VOUS qui définissez ce qu’est l’efficacité pour vous (et votre couple) (non, non, l’efficacité n’est pas pour-toutes-et-tous-tout-le-temps qu’une question d’indice de Pearl ; elle peut concerner aussi l’autonomie, le fondement spirituel, la flexibilité, le bien-être, la santé, l’adaptabilité, l’ouverture à une grossesse… ou tout bêtement l’amour, ah oui tiens). A vrai dire ces méthodes sont ce que VOUS choisissez d’en faire. Contrairement à une pilule que l’on prend machinalement ou un stérilet qui se fait oublier : les méthodes naturelles, on y pense quotidiennement, et le choix est sans cesse à refaire. Contrôler sa fertilité sans recourir à une méthode de contraception est ce que l’on appelle aussi la régulation naturelle des naissances, qui accueille nos projets de maternité de façon holistique, dans (parfois) toute leur complexité.

Se faire confiance plutôt que s’en remettre à une assurance extérieure ne semble peut-être pas très à la mode à l’heure où la technique envahit nos vies et décide pour nous, mais en fait c’est complètement trend-setter : observer ses cycles, c’est le retour à la source auquel beaucoup aspirent de nos jours, c’est connaître et respecter la nature et en particulier SA nature, c’est laisser sa fertilité « être » et s’y adapter avec bienveillance au jour le jour. Les méthodes d’observation de la fertilité vous dévoilent une réalité de votre corps, pour vous permettre un choix éclairé.

Pour conclure, les méthodes naturelles sont donc à la fois bien moins et bien plus qu’un moyen de contraception.

Bien moins, car sans vous elles ne peuvent rien.

Bien plus, car avec vous elles peuvent tout !

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