Cycles irréguliers ? Stressée ? Et si c’était lié ?

Article coécrit avec Marion Vallet, sage-femme et monitrice Billings.

Le cycle féminin est ultra-sensible. A la moindre contrariété, l’équilibre hormonal délicat sur lequel il repose peut s’enrayer, ce qui est susceptible de provoquer de plus ou moins grandes irrégularités, plus ou moins durables.

Vous pouvez avoir des cycles irréguliers quand vous êtes malade ou si vous prenez des médicaments, quand vous allaitez, après l’abandon des contraceptifs hormonaux, à la puberté, ou lorsque vous vous approchez de la ménopause. Dans certains cas, c’est « normal » ou prévu par la nature ; parfois cette irrégularité peut être une indication d’un désordre hormonal ou d’une pathologie sous-jacente exigeant une investigation médicale. Mais il existe une cause plus sournoise, souvent moins évidente à identifier, et tout aussi peu évidente à soigner, qui a beaucoup d’impact sur le cycle menstruel : le… stress !

Chaque femme réagit différemment à des niveaux variables de stress. Quand vous éprouvez un stress soudain ou important, qu’il soit de nature agréable ou autre, celui-ci peut interférer avec le profil hormonal normal et cela se verra dans votre diagramme de suivi de cycle. Des exemples de cycle avec stress : avant votre mariage ou une échéance importante, lors de longs voyages avec un décalage horaire important, lors du décès d’un proche, un accident ou une maladie…

Alors d’abord, qu’est-ce que le stress ?

Le stress est l’ensemble de réactions intervenant dans l’organisme quand le cerveau évalue un événement déterminé, dit stressant, comme dangereux pour la sécurité et l’intégrité physique et psychique.

Stress

Crédit Marion Vallet

Et le lien entre le stress et le cycle menstruel, ce sont les hormones !

Car le stress est, comme le cycle, la réaction d’une chaîne hormonale. C’est par l’action d’hormones que le corps répond à un stress c’est-à-dire à ce qu’il considère comme une « menace ». Ces « hormones du stress » sont produites dans le cerveau et certaines d’entre elles le sont même précisément par une glande essentielle dans le fonctionnement du cycle féminin : l’hypophyse. Pas étonnant donc, que le stress ait un impact sur le cycle !

Car de même, c’est effectivement d’abord au niveau du cerveau, avant celui des ovaires, que le cycle menstruel et le processus d’ovulation trouvent leur source. Ce sont deux hormones hypophysaires qui managent le cycle et en fait plus exactement le processus d’ovulation, par leur action sur les ovaires, et donc la sécrétion des œstrogènes et progestérone : ces deux hormones s’appellent la FSH et la LH. En retour, la communication des ovaires vers le cerveau permet de réguler la production de ces hormones et de « cycler » : on appelle ce mécanisme le rétro-contrôle.

Quels sont les rôles des hormones FSH et LH ?

Les hormones FSH et LH sont essentielles à l’ovulation, c’est-à-dire au cycle féminin.

cycle-FSH-LH

Crédit Cycle Naturel

Dans « FSH », le H signifie hormone tandis que le F et le S signifient « Stimulation Folliculaire ». C’est cette hormone qui permet le développement de plusieurs follicules, puis la sélection de l’un d’entre eux (exceptionnellement deux). Celui-ci commence à se développer rapidement, c’est le début de la phase fertile. Vient alors le rétro-contrôle : via la sécrétion d’œstrogènes, l’ovaire indique au cerveau qu’il n’a plus besoin de FSH.

Quelques jours plus tard, si tout va bien, le niveau d’œstrogènes augmentant rapidement va indiquer au cerveau qu’il est maintenant temps de sécréter la LH ! Dans « LH », le H signifie toujours hormone tandis que le L signifie « Lutéinisante ». Lutéiniser (du latin luteus = jaune) veut dire « transformer en corps jaune » le follicule… et par là même le rompre et libérer l’ovule. Vient alors le rétro-contrôle : via la sécrétion de progestérone, le corps jaune indique au cerveau qu’il n’a plus besoin de LH.

Comment le stress influence-t-il le cycle ?

Le stress agit essentiellement sur la première partie du cycle, quand les hormones « du cerveau » entrent en jeu pour rendre l’ovulation possible. Un cycle exceptionnellement long est ainsi dans la majorité des cas (grossesse mise à part 😉 ) dû à une phase pré-ovulatoire, dite « folliculaire », exceptionnellement longue : le stress en particulier (mais d’autres causes extérieures peuvent avoir le même effet) influence les mécanismes hormonaux, et peut retarder l’ovulation en perturbant l’action des hormones FSH et/ou LH. La phase post-ovulatoire, dite « lutéale », est quant à elle beaucoup plus stable et moins influençable.

cycle-stress

Crédit Cycle Naturel

Le stress peut entraîner un retard ou une absence d’ovulation, ou parfois une ovulation « de mauvaise qualité » qui va entraîner une phase lutéale déficiente (due à un corps jaune qui ne va pas produire assez de progestérone, ou trop peu de temps). Certaines femmes ont une fertilité très influençable par l’environnement extérieur et intérieur, tandis que d’autres ne seront pas affectées par le stress. Nous sommes toutes différentes !

Les méthodes d’observation de la fertilité tiennent compte de ce phénomène possible, puisqu’elles ne s’appuient pas sur vos cycles précédents pour « calculer » et déterminer les jours fertiles. Au contraire, c’est sur la base d’une observation quotidienne des signes de fertilité, en particulier celui de la glaire cervicale qui en est le premier marqueur en reflétant les niveaux d’œstrogène et de progestérone, qu’elles permettent de déterminer où en est votre cycle : êtes-vous entrée en phase fertile ? l’ovulation approche-t-elle ?  l’ovulation a-t-elle eu lieu ? Ainsi basées sur l’auto-observation, les méthodes naturelles n’exigent pas que votre tableau soit le même mois après mois. Vous notez quotidiennement, un jour à la fois, décidant ainsi chaque jour si ce que vous avez noté indique l’infertilité ou une fertilité possible et vous appliquez les critères de la méthode choisie, convenablement selon votre désir de réaliser ou de différer une grossesse.

Si vous constatez des changements dans votre tableau qui vous perturbent, n’hésitez pas à contacter immédiatement votre monitrice ou conseillère pour lui demander de l’aide. Elle pourra vous aider à identifier ce qui se passe à partir du tableau et vous indiquer ce que vous devez faire. Il se peut que la régularité revienne naturellement, mais en attendant votre monitrice peut vous aider à garder confiance dans l’utilisation de la méthode que vous avez choisie pour gérer correctement votre fertilité. Il peut alors être utile pour vous de noter au jour le jour dans votre tableau les événements qui vous semblent pouvoir impacter le bon déroulement de votre cycle : identifier la cause aide souvent à comprendre, peut-être à accepter… et surtout à garder confiance !

N’hésitez pas à vous former pour interpréter vos signes de fertilité et d’infertilité… sans stress !!!

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