La glaire cervicale : le ‘very-first’ signe de fertilité

Débat avec des amies sur l’utilisation du terme « glaire cervicale ». Il serait susceptible de dégoûter les femmes et de les détourner des méthodes d’auto-observation lorsqu’on leur en parle pour la première fois. On m’a proposé d’introduire le mot « fluide » ou son équivalent anglais « mucus ». De leur côté, la fondation SymptoTherm et les utilisatrices de Sympto ont quant à elles complètement adopté l’appellation « élixir ».

Ce mot « glaire » est-il moche parce qu’il est moche (face à menstruation, franchement je ne sais pas qui gagne), ou parce qu’il évoque quelque chose qui met mal à l’aise, qui sort par notre vagin, que l’on baptise à tort pertes blanches dans les cabinets de gynéco, et que l’on connaît mal ? That is the question. Glaire or not glaire ? Que faire ? (…) Joker !

glaire cervicale

En attendant l’aboutissement des réflexions (sur son appellation) et des tergiversations (sur le fait qu’elle vous dégoûte, vous laisse perplexe ou vous séduise), elle est et doit rester LE signe de fertilité par excellence. C’est un signe essentiel et incontournable, à tel point que :

  • d’une part aucune méthode n’échappe à son observation,
  • d’autre part certaines méthodes s’appuient exclusivement dessus : c’est le cas de la méthode Billings, de la méthode FEMM Health ou de la méthode FertilityCare (qui s’est inspirée de Billings pour développer une méthode standardisée qui convient mieux à certaines).

Pourquoi (mis à part son nom) la glaire a tout bon ?

  1. La glaire cervicale commence à se manifester quelques jours avant l’ovulation et est capable de nous indiquer à chaque cycle l’ouverture de la période fertile.
  2. Les spermatozoïdes peuvent vivre jusqu’à 5 jours (parfois plus) dans la glaire cervicale puisqu’elle combat l’acidité du vagin peu propice à leur maintien pour « attendre l’ovule ».
  3. La consistance de la glaire cervicale change une fois que l’ovulation a eu lieu, et c’est ce changement qui permet d’indiquer la fermeture de la période fertile.
  4. En parvenant à identifier le jour sommet, on est capable d’estimer le jour le plus probable de l’ovulation. Il faudra considérer encore 3 jours fertiles après ce jour sommet avant de pouvoir passer en période infertile post-ovulatoire.
  5. La glaire cervicale est un symptôme de fertilité relativement stable, c’est-à-dire qu’il est peu affecté par des facteurs extérieurs (contrairement à la température).
  6. Sa consistance, sa quantité, sa qualité et même son évolution au cours du cycle peuvent indiquer un déséquilibre hormonal à soigner.
  7. Enfin elle est lors de certaines périodes de la vie d’une femme, et en particulier en post-partum en attendant le retour de couches (et donc le retour des cycles), le seul symptôme qui indique quelque chose.

Les autres indicateurs – qui n’en restent pas moins précieux – ne sont qu’un double-check de nos observations de glaire. Pour citer les principaux :

La température, dans les méthodes sympto-thermiques

Pourquoi, face à la glaire, la température « perd » ?

  • car la température n’augmente qu’après l’ovulation : elle est précieuse pour confirmer que l’ovulation a eu lieu mais n’indique pas quand on est fertile (c’est pour cela que les courbes de températures proposées sur les sites type enceinte.com ou laboratoire-gallia.com m’ont toujours semblé un peu étranges puisqu’elle indique l’ovulation a posteriori, too late si on cherche à concevoir !),
  • car la hausse de température (ou la dernière température basse) est moins fiable que le jour sommet de glaire pour indiquer avec précision le jour de l’ovulation,
  • car la température peut être impactée par la quantité ou la qualité du sommeil, les médicaments, le stress, les voyages…

Les dosage d’hormones (par test urinaire), dans les méthodes sympto-hormonales

Certaines conseillères des méthodes Billings et FEMM proposent le recours ponctuel à des tests d’ovulation pour confirmer les observations de glaire et en particulier du jour sommet. J’évoque rapidement ici aussi la méthode Marquette (très peu connue en France) qui ajoute à l’observation de la glaire cervicale l’utilisation du moniteur de fertilité ClearBlue dont les tests urinaires dosent les quantités d’œstrogène et de l’hormone LH.

Pourquoi, face à la glaire, le test urinaire « perd » ?

  • car il arrive, même si c’est rare, qu’un pic de LH ne déclenche pas une ovulation,
  • car en attendant de pouvoir doser la progestérone (les prototypes commencent tout juste à pointer leur nez) les tests qui existent sur le marché ne dosent que les hormones de la première partie du cycle – œstrogène et LH – et donc ne peuvent pas « fermer » la période fertile.

Bref, la glaire cervicale, on n’a pas trouvé mieux.

Rappelez-vous, elle n’a rien de gore…

Alors vive le mucus !

Nota : c’est vraiment à cause de cette primauté de la glaire sur les autres signes qu’il convient d’être bien informée sur les limites des moniteurs de fertilité (ClearBlue, Lady-Comp, Daysy, appli Natural Cycles) utilisés en « solo ». N’observant pas la glaire, ils la remplacent par des statistiques. La plupart du temps… ça marche ! Mais, il y a un mais.

glaire cervicale2

Merci Mademoiselle Caroline

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