La pilule, comment ça marche au juste ?

Cela fait un bout de temps que j’y pense, c’est finalement aujourd’hui 26 septembre 2016, Journée Mondiale de la Contraception, que j’ouvre ma nouvelle rubrique « contraceptifs ». Voilà ma contribution à l’événement !

Et pour entrer dans le vif du sujet, rien de tel que de parler de cette bonne (vieille) pilule.

journee-mondiale-contraception-26septembre

Qu’on soit pour, contre ou sans avis ; qu’elle nous laisse dubitative, convaincue ou réfractaire ; qu’on soit fidèle, reconnaissante ou déçue… la prise de la pilule n’est pas un acte anodin. Elle est aujourd’hui le moyen le plus utilisé par les femmes en France pour gérer (en l’occurrence contrer) leur fertilité, et il est essentiel que le recours à cette contraception hormonale résulte d’un choix éclairé et personnel afin de ne pas en devenir l’esclave.

L’aspect personnel du choix, je vous le laisse bien sûr. Mais pour son aspect éclairé, permettez-moi cette petite contribution – biologique et scientifique – pour vous aider à comprendre comment la pilule fonctionne.

D’abord pour bien comprendre le fonctionnement des contraceptifs, et en l’occurrence aujourd’hui celui de la pilule, il est essentiel de bien connaître le fonctionnement de son cycle au naturel ! Je vous remets le schéma récap’ du cycle menstruel que j’ai publié il y a quelques semaines pour illustrer mon propos. Rien de compliqué, contrairement à ce qu’on nous laisse souvent penser.

phases-cycle-menstruel

Disons les choses comme elles sont, chaque cycle menstruel a pour objectif de faire un bébé, et tout le corps s’y met tant le désir reproductif (naturel) est fort. Les « messagers » qui permettent à tous les organes concernés (cerveau, ovaire, utérus, col de l’utérus…) de communiquer ensemble et d’agir de concert sont les hormones, qui circulent dans le sang.

Pendant la première phase du cycle (bleue sur mon schéma) le corps prépare essentiellement deux choses : l’ovulation (croissance et libération d’un ovule) et l’accueil des spermatozoïdes (glaire cervicale) – ce sont les hormones œstrogènes qui travaillent. Pendant la deuxième phase du cycle (dès que l’ovule a été libéré i.e. l’ovulation a eu lieu) (rouge sur mon schéma) il se concentre sur une seule : la nidation (accueil de l’éventuel embryon dans l’utérus) – ce sont alors les hormones progestérone qui travaillent.

Voilà donc en toute simplicité (et redoutable efficacité, vous en conviendrez) les trois effets bloquants de la pilule :

  1. blocage de l’ovulation,
  2. blocage de l’émission de glaire cervicale,
  3. blocage de l’épaississement de la paroi de l’utérus (et donc de la nidation).

Comment agit-elle ? Les hormones de synthèse contenues dans les cachets quotidiens viennent fausser l’harmonie hormonale (pas facile à dire) qui devrait se mettre en place naturellement chaque mois. L’acteur principal est le progestatif de synthèse (il imite la progestérone naturelle de la phase post-ovulatoire) qui, diffusé dans le sang, fait croire au cerveau que l’ovulation a eu lieu et qu’il ne sert donc à rien d’en préparer une. Ainsi, on entend souvent que la pilule « imite une grossesse », c’est presque vrai, en fait elle simule plus précisément une deuxième partie de cycle… en continu.

Cette progestérone de synthèse empêche ainsi ce qui se passe habituellement en première partie de cycle : production d’œstrogènes naturelles, travail des ovaires pour faire grossir un follicule et le libérer (ovulation), sécrétion de glaire cervicale et ouverture du col de l’utérus pour accueillir les spermatozoïdes, consolidation de la muqueuse utérine… et accessoirement libido naturelle associée.

La fin de la plaquette après les 21 premiers cachets permet une pause hormonale d’une semaine, la muqueuse utérine (pour ce qu’elle a réussi à se développer) est évacuée par privation d’hormones. Rien à voir avec les règles ! C’est pour cela que ces saignements sont souvent plus légers et moins douloureux.

Maintenant, il est important de préciser que l’action des hormones naturelles que l’on a supprimées ne se limitait pas aux fonctions reproductives (ni même à l’humeur qui prend souvent un coup sous pilule), mais qu’elles ont aussi une influence importante sur la santé générale de la femme : la solidité des os, la circulation du sang, les cheveux et la peau, le métabolisme des graisses et des sucres, la tension artérielle… la nature est bien faite ! Il faut préserver la femme pour qu’elle soit toujours en mesure d’accueillir un bébé 🙂 (ah si ces féministes modernes m’entendaient). Sauf que les hormones de synthèse (les pilules les plus courantes associent généralement un œstrogène au progestatif) sont loin d’être aussi efficaces que les hormones naturelles et les effets secondaires – voire la possibilité d’accidents bien plus graves (cardiovasculaires ou cardiaques) – sont à sérieusement prendre en compte.

NB : j’avais dit que je me limitais à des faits biologiques et scientifiques, mais la pilule, venant bloquer le cycle féminin dont la magie est particulièrement belle, a à mon sens d’autres aspects cruciaux – psy/spi/love – à prendre en compte (dont il faudra plutôt discuter avec votre conjoint qu’avec votre médecin cette fois).

Certains effets secondaires sont spécifiquement recherchés : atténuation des douleurs de règles, régularisation du cycle, traitement de problèmes de peau notamment acné. Mais le prix à payer pour résoudre ces problèmes est l’annulation du cycle féminin, qui sera probablement à l’origine d’autres problèmes (inconnus encore pour certains)… pour la résolution d’un seul problème superficiel. Le jeu en vaut-il la chandelle ? Sachez, avant de vous ruer sur la pilule, qu’il existe la plupart du temps d’autres moyens moins invasifs, qui permettent de soigner le mal à la racine. Gardons en mémoire que le cycle menstruel est un précieux indicateur de la santé générale d’une femme : s’il déraille, c’est probablement que quelque chose d’autre cloche. Le masquer pour créer un cycle artificiel n’est peut-être pas la solution. Je vous l’ai déjà dit ici,  si votre cycle vous rend folle, faîtes-lui l’amour pas la guerre !

Cet article n’a pas pour objectif d’alarmer, mais d’informer, de rappeler que la pilule n’est pas un acte anodin et que le choix d’y recourir nécessite d’être vraiment mûri… à deux si possible. Ce dont on parle est microscopique donc peut paraître sans importance, mais à cette échelle la violence (oups) que la pilule impose à notre intimité est assez remarquable : soyons-en conscientes.

Prendre la pilule revient à soumettre le corps de la femme à un climat hormonal artificiel, qui n’est pas l’environnement naturel qui lui correspond, si bien pensé pour elle. Aussi son impact ne se limite pas à l’ovulation : les effets collatéraux sont réels (certains sont prouvés, d’autres sont encore latents sûrement).

Bon 26 septembre à toutes et à tous, et  n’oubliez jamais que la pilule n’est pas la panacée : des alternatives fiables existent !

Source (principale) : « Que se passe-t-il dans mon corps ? » du Dr. Raith-Paula

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