Compliquées, les méthodes naturelles ?

On me dit en coulisses, à propos des méthodes naturelles basées sur l’observation de la fertilité : « C’est trop compliqué ton truc, moi j’ai aucune envie de me prendre la tête pour ma contraception ».

Ça tombe bien, on ne parle pas de contraception.

Plus sérieusement, qu’on se le dise, tout d’abord la mise en pratique des méthodes d’observation de la fertilité n’a absolument rien de compliqué :

  • Repérer la sensation d’humidité est à la portée d’un enfant de 2 ans (sauf que dans le contexte qui nous intéresse elle est due à la glaire cervicale et non plus aux accidents-pipi bien sûr) et observer la glaire est encore plus limpide.
  • Prendre sa température est à la portée d’un enfant de 8 ans, et les calculs de montée de température (addition et éventuellement moyenne) sont ceux que l’on apprend en CM2 – pour les cancres il existe même des applis qui calculent pour nous.
  • Faire pipi sur une bandelette LH : je ne sais pas si mon fils arriverait à bien viser mais ça tombe bien, nous sommes des filles…
  • Les règles à appliquer pour distinguer les jours fertile des jours infertiles sont très claires dès que l’on sait lire (ou, mieux encore, écouter… une conseillère).
  • Quant à se mettre une sonde de Lady-Comp dans la bouche je n’en parle même pas : check à partir de 3 mois, âge où l’on est même capable de se sucer les orteils. Ah, on me souffle qu’il faut quand même connaître le rouge et le vert, donc disons 3 ans ?
  • Enfin, qu’on ne me reproche pas de l’avoir tu : quelque soit la méthode, tout ceci prend moins d’une minute par jour.

Ensuite le principe de base sur lequel ces méthodes s’appuient est simplissime (mais c’est toujours bon de le rappeler) : rapport sexuel + jour fertile = grossesse potentielle.

En revanche ! Les méthodes d’observation de la fertilité ont beau être ultra-simples en tant que telles, elles épousent par essence les courbes de notre nature qui elle, est parfois un peu compliquée. En choisissant de composer avec notre fertilité : nos propres complexités (celles de nos désirs, de nos humeurs, de nos projets, de notre volonté, de notre relation de couple, de notre responsabilité, de notre sexualité, de l’image que l’on souhaite donner, de notre maternité, que sais-je encore ?) ne plus sont ignorées… mais 100% assumées. Chaque mois je suis face à ce que je suis ; chaque mois j’engage ma responsabilité ; chaque mois je dois être consciencieuse dans mes observations et honnête sur les choix que je fais dans ma vie sexuelle.

Autrement dit les méthodes naturelles peuvent effectivement ne pas sembler si simples (tant qu’on n’a pas plongé suffisamment dedans) ; ceci non pas à cause de l’objet (zéro technique, elles sont même tellement simples qu’on les applique tout seul sans besoin de recourir à un gynéco ou à un labo pharmaceutique), mais par la nature même du sujet (et même des sujets) qu’elles accompagnent et dont elles se font le reflet.

Car face à ces méthodes, nous sommes nus : aucun artifice pour nous dédouaner, aucun tiers pour nous déresponsabiliser. Dans le vaste paysage de la contraception, ces méthodes ne sont plus un produit qu’on achète et dont on attend un service précis, mais un véritable choix de vie.

Vous devinez maintenant ce que j’ai répondu à mon amie en coulisses : « Mais ce ne sont pas ces méthodes qui sont compliquées, c’est toi qui l’es ! 😉 ».

Je vais oser une métaphore pour illustrer mon propos (attention les yeux) (je compte sur votre indulgence) (vous me direz si c’était clair 😉 ). Imaginez une chaîne de montagnes.

montagne

(ça c’est ma vie, elle est un peu compliquée)

Au delà de ces montagnes, se cache mon objectif qui est (en ce moment) de ne pas tomber enceinte. Comment y parvenir ?

refuge

(ça c’est le point d’arrivée)

Première option : je demande à un gynéco dynamiteur de creuser pour moi un beau tunnel efficace (grosse « complexité » technique en amont, mais ce n’est pas moi qui gère). Fi des pentes, droit au but. La nature prend un peu cher, les ratés sont graves mais rares. Ça marche au top.

tunnel-montagne

(ça c’est le recours au contraceptif)

Deuxième option : je m’engage sur le sentier de mon cycle pour composer avec ma nature. Marcher n’est pas compliqué en soi, mais les dénivelés rendent parfois la balade un peu délicate, vous en conviendrez. NB : au fait, vous connaissez les règles d’or du montagnard : partir bien (in)formé, toujours à deux et… prudence est mère de sûreté !

randonneurs

(ça c’est la rando de la fertilité)

Alors pour atteindre votre objectif : contraception or not ? That is your question.

Ne croyez quand même pas que je vais vous laisser devant une alternative aussi ouverte sans m’assurer que vous connaissez bien la différence entre le sentier et le tunnel. Car seul un des deux nous permet d’atteindre les sommets (je vous laisse deviner lequel ?).

sommet

Fin de la conversation avec l’amie en question : « Et si tu essayais pour voir ? On est quand même des milliers à avoir succombé à ces méthodes, arrête de t’en faire une montagne ! »

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