Les moyens de contraception vraiment naturels

Dans l’ambiance du moment à base de potager bio, huiles essentielles, consommation locale, slow fashion & slow sex, respect bienveillant, énergie renouvelable, voyages équitables, tri responsable et j’en passe… une question légitime et essentielle se fait de plus en plus entendre : quels sont les moyens de contraception naturels qui existent ?

Attention une question peut en cacher une autre parce que… qu’entend-on par naturel ?

On pourrait répondre « laisser faire la nature », mais là on est mal barré vu l’instinct de survie de notre espèce, et puisqu’il y a quand même contraception dans la question je vous épargne cette option.

Ou sinon il y a l’abstinence, mais est-ce vraiment naturel ? 🙂

Alors pour des besoins évidents de cohérence avec l’esprit de ce blog, je vous propose de retenir comme naturels les moyens de contraception non invasifs, sans effet secondaire, qui respectent l’anatomie des partenaires et le cycle féminin (je pourrais dire ceux qui respectent aussi la puissance reproductrice masculine… autre débat que je laisse à un prochain billet ! en attendant, preneuse de vos commentaires).

EXIT donc : les pilules et autres patchs/injections hormonaux (même aux hormones naturelles), le stérilet ou DIU (même bio*), la pilule du lendemain (même vendue par un herboriste), la stérilisation définitive masculine/féminine (même si c’est pour limiter la surpopulation de la planète), ou encore les potions ancestrales décapantes (même si elles sont concoctées à base d’excréments de crocodile).

Qu’est-ce qu’il nous reste ?

1) La famille bien connue des méthodes « barrières » (ou mécaniques)

Du côté de Monsieur : le préservatif masculin, qu’on ne présente plus, que l’on peut choisir en latex naturel/bio/équitable/vert à fleurs/qui sent la lavande/tout ce que vous voulez de naturel (dans la version L’amour est dans le pré nos anciens utilisaient des intestins de mouton). Il y a aussi les spermicides (à l’efficacité limitée quand même et c’est tout de suite plus chimique que mécanique, donc bof).

Madame n’est pas en reste : le préservatif féminin (peu connu) ou les diaphragme/cape cervicale type Caya (à associer à un gel spermicide… bon), qui nécessitent un peu d’entraînement mais ont l’avantage de pouvoir être posés quelques heures avant les câlins.

2) Les MOF – méthodes d’observation de la fertilité

En anglais on dit FABM (fertility awareness based methods), mais la traduction n’est vraiment pas évidente ! Il s’agit de ces méthodes dites « naturelles » (qui à vrai dire ne sont pas vraiment des moyens de contraception) (vous savez celles dont tout le monde dit qu’elles ne sont pas efficaces) qui nous permettent de déterminer avec précision notre période fertile en observant notre cycle, pour pouvoir y adapter notre sexualité.

Les méthodes basées sur l’observation de la modification de la glaire ; les méthodes basées sur la prise de température quotidienne (avec recours aux stats calendrier pour le démarrage du cycle) ; les méthodes basées sur la glaire ET la température (et même l’observation du col de l’utérus si on est chaud) = méthode sympto-thermique ou des indices combinés ; les méthodes assistées basées sur la détection des hormones dans les urines.

Le must étant… le mix ?

Les MOF nous permettent de savoir précisément si on est fertile ou non, et d’avoir des rapports 0% entrave pendant la période infertile, sans risque de grossesse. Quant à la période fertile de 8 jours environ : abstinence (de pénétration vaginale) (redoutablement efficace) ou méthodes mécaniques. Respect de la nature : check. Et en plus : aucun effet secondaire, parfaite réversibilité, totale autonomie, vie sexuelle rythmée, communication et tendre créativité induites dans le couple… que demande le peuple ?

Maintenant c’est à vous !

Je ne vais quand même pas faire tout le travail et vous propose en finish deux questions totalement ouvertes, que je me pose souvent, pour aller plus loin :

Est-ce naturel d’empêcher des spermatozoïdes si déterminés (merci Darwin) de progresser en les recueillant dans un bout de plastique alors qu’ils sont naturellement plein de vie ?

Est-ce naturel (et surtout durable 🙂 ) de s’abstenir de rapports pendant la période fertile, précisément quand la femme a le plus de désir ?

(*) : on entend souvent parler du stérilet « bio »… merci le marketing mais me faire poser un truc en cuivre dans l’utérus par un médecin (et avoir besoin de reprendre un rendez-vous avec ce même étranger pour qu’il me l’enlève le jour où je veux un enfant) franchement ça a sûrement beaucoup d’avantages, mais qu’on ne me dise pas que c’est naturel.

8 réflexions sur “Les moyens de contraception vraiment naturels

  1. Cernunoç dit :

    Deux objections ;

    – Quant à la question de la vie du spermatozoïde/du naturel de la fécondité, tu pars du présupposé que l’on veut des enfants ou, à minima, qu’en avoir n’est pas un problème. Or, pour certaines personnes, il est inconcevable d’enfanter (naturel ou pas naturel), et tomber enceinte peut être un réel traumatisme.

    – Dans cette optique là, où dans l’optique d’une sexualité jeune qui ne peut se permettre d’avoir un enfant (situation précaire, sexualité adolescente, etc.), ces méthodes sont loin d’être fiables. Prendre autant de risques pour vouloir absolument être le plus naturel possible me paraît dangereux tant que le calcul de risques n’a pas été correctement fait.

    • Cycle Naturel dit :

      Bonjour Cernunoç et merci beaucoup pour votre commentaire qui me permet d’apporter quelques éléments de réponses à ceux qui auraient compris mes propos comme vous :
      D’abord je ne pars d’aucun présupposé, je tente simplement de répondre à la question que je mets au début de l’article à savoir « quels sont les moyens de contraception naturels qui existent ? ». C’est dans ce contexte, et si vous vous posez la même question que moi, qu’il convient de me lire !
      Loin de moi l’idée d’imposer quelque chose, dans la vie je ne suis d’ailleurs pas une défenseuse du super-naturel-à-toute-épreuve, et bien sûr je suis 100% d’accord avec vous : chacun(e) doit discerner avant de choisir la contraception qui convient le mieux à sa situation. Je peux me demander quels sont les moyens de transport « naturels » (si c’est un critère pour moi), hésiter pour la bicyclette, et continuer de prendre l’avion 🙂
      Sur la question de la vie des spermatozoïdes vous remarquez que je laisse la question ouverte et le soin à chacun de cheminer.
      Quant à leur efficacité, même si ces méthodes sont dénigrées quasiment partout sur le web et dans les cabinets des gynéco, elle est réelle. Et je confirme que je parle bien de contraception donc de situations où l’on ne souhaite PAS d’enfant, bien sûr ! Mais je reconnais que ces méthodes ne sont pas de celles qui s’écrivent ou s’expliquent, et tant qu’on n’en a pas fait l’expérience, difficile d’être convaincue (moi la première). Si vous en avez l’occasion/l’envie/la possibilité, je vous propose d’observer votre fertilité, et d’être accompagnée pour cela, vous constaterez que c’est très scientifique… et potentiellement bien plus rassurant qu’une contraception « extérieure ».

  2. Lisa dit :

    Bonsoir,
    Je viens de tomber sur votre article complètement par hasard (n’étant même pas a la recherche d’articles sur ce thème pour tout dire) et je dois dire que je suis très intéressée, mais voyez vous je suis jeune et mon couple l’est d’autant plus, je suis encore étudiante, mon parcours contraceptif n’est pas particulièrement atypique, pilule prescrite comme tout le monde que j’ai fini par oublier régulièrement et à présent anneau vaginal (pas d’oubli et Clue me rappelle quand enlever et remettre mon anneau) mais le fait d’avoir une contraception hormonale me dérange, et malheureusement étant nullipare et sous corticoïde oraux extrêmement souvent au cours de l’année je ne suis pas éligible au DIU cuivre. A la lecture de cet article très intéressant, je ne peux malheureusement que soulever que ces techniques qui s’apprennent au fil des cycles et avec son corps s’expérimente surtout pour des femmes qui n’ont pas prévu d’avoir certes puisque contraceptif, mais qui ont tout de même le confort et l’âge de la vie qui n’empêche pas la maternité en cas « d’accident ». Je trouve ça dommage et à titre personnel hautement frustrant, je pense que ces techniques doivent avoir un certains gouts de liberté !

    • Cycle Naturel dit :

      Bonjour Lisa et merci pour votre témoignage ! Ce sont effectivement des moyens qui « s’apprennent au fil des cycles et avec son corps » et qui ont « un certain goût de liberté » comme vous le dîtes :-). Ils nécessitent c’est certain une volonté et un investissement au départ (mais le pli vient vite, l’observation entre complètement dans le quotidien, on n’y pense même plus), en revanche je ne suis pas certaine qu’ils aient rapport avec la maturité et peuvent être appliqués à tout âge ! Au contraire je me dis souvent que j’aurais aimé y être sensibilisée plus jeune, car ce sont justement mes périodes (célib pour commencer, sans stress) de jeunesse qui auraient été des moments propices pour découvrir mon corps… mais c’est venu plus tard !

      • Lisa dit :

        Bonjour, merci beaucoup pour cette réponse, mais j’envisageais plus la maturité comme le confort d’une vie installée avec un partenaire de « longue date » et une sécurité matérielle nécessaire à la possible arrivée « surprise » d’un enfant. Et non pas des conditions parfois un peu précaire de jeunesse entre études/stage ou cumul de CDD et fin de mois difficiles ou encore un partenaire de vie pas tout a fait déterminé par exemple. De plus c’est délicat de faire face au scepticisme de certains hommes 😉 Mais effectivement être sensibilisée tôt sur le fonctionnement de son corps post puberté et sans entrave hormonale artificielle serait je pense quelque chose de positif pour toutes les femmes, pour nous réapproprier nos corps !

  3. Sylvie dit :

    Bonjour
    Je découvre votre blog par hasard . J ai un dui cuivre depuis 3 ans enfin, c est le second, le précédent étant parti tout seul.
    J ai eu pendant un an et demi des règles perturbées et fortes … depuis 6 mois ça se calle avec encore du spotting mais aussi des mycoses à répétition… je m interroge sur la présence des mycoses en lien avec le dui… les médecins diront sûrement que non … j ai rdv semaine prochaine et je me demande qui je ne vais pas demander de l enlever …. y a t il une doc pour adopter rapidement une méthode naturelle ??? Merci bcp pour votre avis et info…
    Au plaisir de vous lire

    • Cycle Naturel dit :

      Merci pour votre commentaire. Alors je ne suis pas médecin ni experte en stérilet! Mais c’est une bonne chose de vous interroger sur les méthodes naturelles ;-). ‘Rapidement’ tout est relatif ! La plupart des écoles qui enseignent en France (Sympto, CLER, Billings) recommandent en général 3 mois d’observation des cycles pour bien se repérer, et un accompagnement perso – même s’il existe de la doc en ligne chez Sympto par exemple. Il ne s’agit plus d’une ‘contraception’ imposée de l’extérieur mais d’une attention personnelle, qui demande de s’investir. Ensuite c’est l’autonomie pour la vie !! Je souhaite que vous trouviez rapidement la contraception qui vous convient…

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