Premières règles

Nous sommes nombreuses à nous souvenir de nos premières règles, même de la date exacte pour certaines, d’un événement (lié ou non aux règles d’ailleurs) qui s’est passé à ce moment-là, d’une discussion avec notre meilleure copine (qui les avait déjà, ou pas), du tête-à-tête (parfois redouté) avec sa mère, quand ce n’est pas avec son père, à qui il va bien falloir le dire, du désarroi peut-être (quand elles arrivent tôt) ou du soulagement sûrement (quand elles arrivent tard)…

On les appelle les ménarches. Dans certains pays, certaines cultures, elles sont l’occasion de grandes réjouissances.  Au Japon on fête la « première floraison » ; chez les peuples amérindiens la jeune fille se retire pour être initiée à sa nouvelle féminité ; dans de nombreuses tribus le père informe la communauté que sa fille devenue femme ; chez beaucoup le rituel du passage à la fertilité est une étape riche de sens.

Et chez nous, où la fertilité est quasiment une maladie que l’on doit traiter à coups de comprimés prescrits par un gynéco, de quoi te parle-t-on ?

De Spasfon et surtout pas d’aspirine, de mot d’excuse pour la piscine, de serviette hygiénique et de tampon qu’il ne faut pas mettre dans la cuvette des toilettes, si ce n’est illico de pilule ou de MST – à l’infirmerie de l’école.

Mais j’aurais tellement aimé qu’on me parle d’amour ! Qu’on me dise que mon corps se préparait à donner la vie ! Qu’un premier ovule avait été libéré ! Qu’une lionne se réveillait en moi ! Que j’étais désormais une madone en puissance !

Bon, on me l’a peut-être dit (sûrement pas comme ça), et je n’aurais alors retenu que les détails logistiques. Dommage. Et vous ?

L’autre jour j’ai appris qu’un père parmi mes connaissances invitait sa fille à dîner pour fêter ses premières règles. Sur le coup j’ai trouvé ça bizarre, gênant, presque incestueux. Qu’ont les papas à voir là-dedans, c’est une « histoire de femmes ». Mais en fait non, pas du tout ! C’est encore le tabou qui me poursuit !!! Alors OK il n’est peut-être pas obligé de t’attendre avec des roses rouges à la sortie de l’école, mais avouez que l’image est belle. Et évidemment, on respecte la première règle : on n’en parle pas à table, faut pas pousser. Euh, et pourquoi pas ?

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